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Forum national sur le financement de la santé (FONAFIS) : le Burkina Faso engage le cap de la souveraineté sanitaire

Le Burkina Faso a franchi une étape majeure dans la refondation de son système de santé avec l’ouverture de la première édition du Forum national sur le financement de la santé, placé sous le thème : « Bâtir un système de financement de la santé efficient et équitable pour une souveraineté sanitaire et la réalisation des objectifs du PND 2026-2030 ».

La cérémonie d’ouverture qui s'est déroulée ce mercredi 25 mars 2026 à Ouagadougou 2000, a été présidée par le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmuel Ouédraogo, représentant le Chef de l’État, en présence de membres du gouvernement, de partenaires techniques et financiers, ainsi que de délégations venues de plusieurs pays.

 

Dans son discours, le Premier ministre a souligné l’importance capitale de la santé pour les populations.

« Le Forum national sur le financement de la santé se veut un moment de vérité pour notre Nation », a-t-il déclaré, rappelant que derrière les statistiques se cachent des réalités humaines souvent difficiles.

Il a évoqué, avec force, les sacrifices consentis par les populations pour accéder aux soins, illustrant les défis persistants du système de santé burkinabè.

 

Le Chef du gouvernement a salué les progrès réalisés sous l’impulsion des plus hautes autorités, notamment les avancées dans les soins spécialisés et le renforcement des ressources humaines en santé à travers l’initiative présidentielle « 1000 x 5 ».

 

Toutefois, il a reconnu que des défis majeurs subsistent.

« Plus d’un tiers des dépenses de santé est supporté directement par les ménages », a-t-il relevé, soulignant la nécessité de réformer en profondeur le financement du secteur.

Face à ces défis, le Burkina Faso entend désormais opérer un changement de paradigme.

« Ce temps est à jamais révolu », a affirmé le Premier ministre, en référence à la dépendance extérieure.

Il a insisté sur la volonté du pays de financer son système de santé sur ses propres ressources, de produire localement les médicaments et les équipements, et de former des ressources humaines adaptées aux réalités nationales.

 

La souveraineté sanitaire s’impose ainsi comme un pilier central de la transformation du système de santé. Pour atteindre cet objectif, plusieurs axes stratégiques ont été définis :

renforcer la mobilisation des ressources internes ;

accélérer la mise en œuvre de la couverture sanitaire universelle ; développer la production locale de médicaments ; améliorer la gouvernance et la coordination du système de santé ; promouvoir l’expertise nationale et la redevabilité.

 

Le Premier ministre a également appelé à une implication de tous les acteurs, tout en invitant les partenaires à s’aligner sur les priorités nationales.

 

Parrain de la cérémonie, le ministre de l’Économie et des Finances, Dr Aboubakar Nacanabo, a, pour sa part, insisté sur la dimension stratégique du financement de la santé. « La santé n’est pas une dépense, elle est une puissance », a-t-il affirmé, soulignant qu’investir dans la santé revient à investir dans la prospérité, la cohésion sociale et la stabilité du pays.

Il a appelé à explorer des mécanismes innovants de financement et à renforcer la mobilisation des ressources internes, dans une logique d’efficacité et de transparence.

 

Pour le ministre de la Santé, Dr Robert Kargougou, ce forum de trois jours, qui réunit environ 400 participants, permettra d’approfondir la réflexion autour de trois axes essentiels : la souveraineté sanitaire et l’alignement des partenaires sur les priorités nationales ; la mobilisation et l’utilisation efficiente des ressources ; la protection des populations à travers la gratuité des soins et l’assurance maladie universelle.

 

Dr Kargougou a souligné que, malgré un effort notable avec environ 12 % du budget de l’État consacré à la santé, des défis subsistent, notamment la forte contribution des ménages aux dépenses de santé.