Le paludisme demeure un problème de santé publique préoccupant au Burkina Faso et ce, malgré la mise en 'uvre de mesures préventives et curatives.
 
Les statistiques recueillies auprès de la direction générale de l'information et des statistiques sanitaires (DGISS) indiquent qu'en 2008, le paludisme était responsable dans les formations sanitaires de :
 
- 43,8% des motifs de consultation ;
 
- 60,6% des motifs d'hospitalisation ;
 
- 40,4% des décès.
 
Les enfants de moins de cinq ans restent les plus touchés :
 
- 52% des motifs de consultation ;
 
- 77,8% des hospitalisations ;
 
- 65% des décès.
 
Il s'agit d'une maladie tropicale qui entrave le développement humain durable. Son impact négatif porte sur :
 
1.l'espérance de vie (décès prématurés)
 
2.l'éducation des enfants (absentéisme à l'école, séquelles neurologiques)
 
3.la productivité (absentéisme au travail, baisse de la force de travail, etc.)
 
4.l'épargne familiale et nationale (coût des médicaments, des hospitalisations etc.)
 
Au Burkina Faso, les stratégies de lutte préconisées par le programme national de lutte contre le paludisme (PNLP) sont les suivantes :
 
la prise en charge correcte et précoce des cas de paludisme dans les formations sanitaires et au niveau communautaire ;
 
la prévention du paludisme chez la femme enceinte par le traitement préventif intermittent (TPI) ;
 
la lutte antivectorielle : promotion de l'utilisation des moustiquaires imprégnées d'insecticides à longue durée d'action (MILDA), la pulvérisation intra domiciliaire (PID), la lutte anti-larvaire (LAL) et l'assainissement du milieu ;
 
La lutte contre les épidémies de paludisme dans le cadre de la surveillance intégrée des maladies et de la riposte ;
 
Les stratégies de soutien : communication pour le changement de comportement, recherche opérationnelle, suivi-évaluation et renforcement institutionnel / partenariat.
 
L'objectif des présentes directives est de standardiser les protocoles de prise en charge du paludisme dans le but de contribuer à la réduction de la morbidité et de la mortalité liées à cette maladie.
 
Ces directives traitent spécifiquement les points suivants :
 
- la définition de cas de paludisme dans les formations sanitaires ;
 
- la classification des formes cliniques de paludisme ;
 
- les modalités de prise en charge des cas de paludisme simple et de paludisme grave ;
 
- les modalités de la prévention du paludisme pendant la grossesse.
 
1. DEFINITION DE CAS
 
Au niveau des formations sanitaires, un cas de paludisme se définit comme suit :
 
- une fièvre : température axillaire supérieure ou égale à 37,5°C ou antécédent de corps chaud dans les 72 dernières heures et
 
- la mise en évidence du plasmodium dans le sang par un examen microscopique (goutte épaisse/frottis sanguin) ou par un test de diagnostic rapide (TDR).
 
2. CLASSIFICATION DES CAS DE PALUDISME
 
De manière opérationnelle, le paludisme est aujourd'hui classifié sous deux formes cliniques : le paludisme simple et le paludisme grave.
 
2.1. Le paludisme simple
 
Il se définit par :
 
- une fièvre (température axillaire supérieure ou égale à 37,5°C ou antécédent de corps chaud dans les 72 dernières heures) et la mise en évidence du plasmodium dans le sang par un examen microscopique (goutte épaisse/frottis sanguin) ou par un test de diagnostic rapide (TDR) ;
 
- et une absence de signe de gravité (voir définition de paludisme grave en 2.2).
 
NB : Le cas de paludisme simple doit être précocement et correctement pris en charge.
 
2.2. Le paludisme grave
 
Il se définit comme étant un cas de paludisme à Plasmodium falciparum avec au moins un (01) des signes suivants:
 
Signes cliniques :
 
Troubles de la conscience ou léthargie ;
 
Convulsions répétées ;
 
Pâleur sévère (anémie grave) ;
 
Prostration (incapable de boire, manger et s'asseoir) ;
 
Détresse respiratoire (respiration profonde, rapide,...) ;
 
'dème Aigu du Poumon (OAP) ;
 
Choc ou Collapsus cardio-vasculaire (hypotension, pouls rapide, extrémités froides,...) ;
 
Hémoglobinurie (Urines foncées ou coca cola) ;
 
Ictère franc ;
 
Hémorragie spontanée ;
 
Oligo-anurie (urines rares voire absentes) : diurèse < 400 ml/24 heures chez l'adulte et < 12 ml/kg/24 heures chez l'enfant.
 
Signes biologiques :
 
Hypoglycémie (< 2,2 mmol/L);
 
Hyperlactatémie (> 5 mmol/L);
 
Insuffisance rénale (créatinémie : > 265µmol/L chez l'adulte, > à la valeur normale pour l'âge chez l'enfant) ;
 
Hyperparasitémie (> 4% chez les sujets non immuns et >20% chez les sujets immuns) ;
 
Anémie grave (taux d'hémoglobine < 5g/dl ou taux d'hématocrite <15%) ;
 
Acidose métabolique (pH <7,25 mmol/L ou bicarbonates <15 mmol/L...).
 
NB : 1)Le paludisme grave est une urgence médicale. Il doit être pris en charge au sein d'une formation sanitaire de référence.
 
        2)Les appellations « accès», « syndrome palustre », « accès palustre», « paludisme », « paludisme chronique » ne devraient donc plus être évoquées dans les documents de soins, ni dans les supports de collecte de données.
 
      3)Un cas de paludisme (même confirmé) peut cacher une autre affection qu'il faut savoir: méningo-encéphalites, méningites, septicémies, fièvre typhoïde, infections respiratoires, infections urinaires, fièvres éruptives et les gastroentérites aigues fébriles.
 
Le programme de lutte contre le palu
 
Compte tenu du fardeau du paludisme dans le pays, le Burkina Faso a mis en place un programme national de lutte contre le paludisme (en 1991, restructuré en 1995) afin de réduire la mortalité et la morbidité liées au paludisme.
 
La Direction de la Lutte contre la Maladie (DLM) est la structure d'ancrage du PNLP au niveau central. Le programme est la structure de coordination de la Lutte contre le paludisme. Selon l'Arrêté N° 2003/196 MS/SG/DGS du 25 septembre 2003, le programme national de lutte contre le paludisme est chargé de :
 
-   Coordonner les activités de lutte contre le paludisme
 
 - Favoriser les activités de recherche opérationnelle dans le domaine du paludisme  
 
- Assurer l'approvisionnement régulier en matériels imprégnés ;
 
- Etablir les protocoles thérapeutiques.
 
Le programme national de lutte contre le paludisme est appuyé par le comité national de pilotage de la lutte contre le paludisme, structuré en commissions spécialisées qui sont :
 
- Commission pour la Prise en charge des cas ;
 
- Commission pour la Lutte anti-vectorielle ;
 
- Commission pour la Mobilisation des ressources ;
 
- Commission pour la Mobilisation sociale, plaidoyer et partenariat ;
 
- Commission pour le Suivi évaluation, surveillance épidémiologique et appui à la recherche.
 
Le PNLP a élaboré les documents clés d'orientation suivants :
 
- la stratégie de promotion de l'utilisation des MTI en 2001 ;
 
- le plan stratégique national de lutte contre le paludisme 2002-2005 ;
 
- le plan stratégique 2005-2007 pour la mise à l'échelle nationale des Interventions à Base Communautaire (IBC) ;
 
- le plan Roll Back Malaria pour le Sahel 2006-2008 ;
 
- le Plan Intégré de Communication (PIC) pour la lutte contre le paludisme au Burkina Faso 2006-2008 ;
 
- le plan de mise en oeuvre de la nouvelle politique de traitement antipaludique 2005 - 2006 ;

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