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L'usage des médicaments PDF Imprimer Envoyer
Mardi, 24 Juillet 2012 11:10

Infos & Conseils Pratiques -- Les Problèmes liés aux médicaments

1. Description du phénomène

Le phénomène du marché illicite des médicaments a pris de l'ampleur depuis quelques années et est devenu aujourd'hui une préoccupation commune aux usagers du médicament que sont les acteurs de la Santé (autorités sanitaires, personnels de santé) et de l'économie au niveau national et international.

Dans notre pays, celui-ci faisait l'objet d'une interpellation du Ministre de la Santé à l'Assemblée Nationale sous la forme d'une question orale en mai 1999.

Le gouvernement quant à lui, en a fait son cheval de bataille, puisqu'en octobre 1998, il adoptait une stratégie de lutte contre ce fléau à travers la lutte contre la Drogue, du fait que le circuit emprunté par ce commerce illicite est le même qui est utilisé par les trafiquants des drogues illicites pour introduire et répandre sur le territoire national différents produits prohibés (amphétamines, cocaïne, l'héroïne, dérivés du cannabis ou chanvre indien).

En outre, la mauvaise utilisation ou mésutilisation encore désignée sous le nom « usage détourné », de certains médicaments agissant sur le psychisme de l'individu, comme les barbituriques et les tranquillisants (somnifères), peut déboucher sur un phénomène de pharmacodépendance, voire de la toxicomanie.

Cependant, le code de la Santé définit donc très exactement qui peut exercer la profession médicale et définit les conditions dans lesquelles celle-ci s'exerce en toute sécurité pour tous. Le contrôle de la mise en application effective de celui-ci relève du domaine de la force publique et non de la définition de la politique pharmaceutique.

2. Impact sur la santé publique

L'impact réel du marché parallèle des médicaments, autrement dit les répercussions du circuit illicite de vente au public, sur la santé publique est considérable.

En effet, il tend avec son développement, à anéantir les efforts que le gouvernement déploie depuis quelques années (plus précisément depuis 1992 avec la création de la CAMEG, la généralisation de l'approvisionnement en médicaments essentiels génériques et la mise en place des Comités de gestion) pour l'organisation et la structuration de notre système sanitaire, avec la pleine participation des communautés associées pour leur gestion.

Un des aspects importants de cette organisation du système sanitaire est le développement par le gouvernement de la politique du Médicament Essentiel Générique (MEG), lequel est un des supports principaux et un instrument indispensable au bon fonctionnement du système de recouvrement des coûts appliqué dans la mise en œuvre de l'IB. Ceci tient notamment à son moindre coût au consommateur et à son accessibilité géographique sans cesse en développement.

Mais l'invasion de pratiquement toutes les régions du Burkina Faso par les médicaments de rue, dont certains sont de forme pharmaceutique et de conditionnement semblable aux médicaments génériques vendus légalement dans les Pharmacies et les dépôts pharmaceutiques agréés, instaure la confusion chez le consommateur et discrédite le MEG, qui est pourtant aujourd'hui reconnu dans de nombreux pays comme un outil thérapeutique de choix pour les pathologies courantes et de prévalence élevée.

La mise en circulation des médicaments de très mauvaise qualité par le biais du marché illicite ne fait donc que désorganiser le réseau de distribution des MEG assuré principalement par la CAMEG, en laissant supposer aux populations, surtout les plus démunies, l'existence d'autres possibilités d'acquérir des médicaments à des prix meilleurs que ceux proposés dans le cadre de l'IB.

Des études menées sur le terrain ont révélé en effet que, en volume de produits, les 75 % des médicaments vendus illicitement sont des médicaments sous nom génériques, les 25 % restant étant des spécialités pharmaceutiques ou des cosmétiques.

Quant à la valeur financière que ce commerce représente, il peut être estimé dans notre pays à environ Un Milliard Huit Cent Millions de FCFA (1, 8 milliard), ce qui est un manque à gagner pour le Budget national quand on sait que les taxes spécifiques sur le médicament à l'importation sont d'environ 6%.

En outre, l'impact négatif sur le système sanitaire national de ce marché illicite de produits médicamenteux se situe aussi dans la facilité d'acquisition et de consommation de ces médicaments, puisque sans avis médical, et donc sans contraintes majeures pour le malade dans le cadre de son traitement ; ce qui laisserait croire à la plupart des gens que la fréquentation des centres de santé ( CSPS, CM / CMA, CHR) n'est pas nécessaire, ce qui est naturellement et foncièrement erroné .

Car le fait d'absorber un médicament de son propre chef pour se soigner d'une maladie donnée dont on n'ignore presque tout, des causes aux implications éventuelles, aboutit souvent à une issue dramatique ou fatale.

Socialement et économiquement, le marché parallèle des médicaments a également un impact sur le système sanitaire, par le fait que les effets néfastes des médicaments de rue pris en automédication, aggravent l'évolution de nombreuses pathologies en cours, et font nécessiter alors une prise en charge médicale prolongée des malades concernés.
Dans le même temps, des sommes importantes d'argent sont dépensées dans ce cadre, alors qu'elles auraient pu servir à d'autres fins.

 

3. Les solutions

De ce qui précède, il ressort que la prolifération des médicaments de rue se doit de recevoir une réaction énergique de la part des autorités politiques, d'où l'élaboration et l'adoption de la stratégie de lutte évoquée plus haut par le gouvernement.

Il s'agit, d'un document qui intègre dans ses composantes, comme nous l'avons déjà dit, la lutte contre la Drogue à celle contre le commerce illicite des médicaments.

Celle-ci comporte plusieurs phases séquentielles, dont la mise en œuvre incombe au Ministère de la Santé d'une part, et aussi à plusieurs autres Départements ministériels dont le Ministère de l'Administration Territoriale et de la Sécurité, le ministère de la Défense, celui chargé de l'Environnement et enfin le Ministère chargé des Finances.

Cette stratégie consiste dans un premier temps en une phase de sensibilisation de la population sur les conséquences sanitaires néfastes résultant de la consommation des médicaments de rue, et ceci à travers des émissions radiophoniques et télévisuelles en Français et dans les diverses langues nationales, des conférences et débats grand public.

Ensuite, seront organisées avec le concours de l'ensemble des services compétents en matière de répression (police, gendarmerie, douanes et agents des Eaux & Forêts) des opérations de répression ciblées des contrevenants, lesquelles déboucheront sur des saisies de produits prohibés et leur destruction publique.

Cette phase de répression sera continue en fonction des données qui seront recueillies sur l'évolution de ce marché parallèle, et concernera toute zone qui aura été identifiée comme sensible.

4. Les responsabilités dans la mise en œuvre du programme

La mise en œuvre de ce plan d'opérations, notamment en ce qui concerne le volet sensibilisation (Information – Education Communication) incombe au Ministère de la Santé et à ses partenaires ; elle s'est traduite par des séances de sensibilisation des commerçants installés dans les divers marchés de la ville de Ouagadougou, des diffusions de sketches et spots télévisés.

Elle se poursuit chaque jour de manière décentralisée par les agents de santé des districts sanitaires dans le cadre de leurs activités de Communication pour le changement de comportement (CCC).

la coordination de la mise en œuvre de la stratégie ci-dessus présentée est assurée par le Secrétariat Permanent du Comité National de lutte contre la Drogue (SP/CNLD) à travers deux commissions créées par Arrêté du Ministre de l'Administration Territoriale et de la Sécurité. le CNLD est en effet une structure interministérielle dont la présidence est assurée par le Ministère de la Sécurité, et la Vice Présidence par le Ministère de la Santé.

Il faut également noter que dans le cadre de cette lutte, des réflexions sont amorcées au sein du Ministère de la Santé avec le soutien de certains partenaires au développement tels que l'OMS, l'Union Européenne, ainsi que les missions de Coopération Française et Néerlandaise au Burkina Faso, sur la nécessité d'une baisse constante et continue du prix des médicaments vendus dans notre pays.

Ces réflexions se fondent sur les éléments suivants :

  • la suppression totale des droits et taxes à l'importation sur tous les médicaments (actuellement seuls les médicaments génériques bénéficient de cette faveur) ;
  • la diversification des sources d'approvisionnement de ces produits à l'étranger par la CAMEG les autres grossistes répartiteurs de médicaments de la place, afin de pouvoir faire bénéficier aux populations d'un rapport qualité / prix appréciable et en faveur des consommateurs ;
  • l'augmentation des capacités de production pharmaceutique au niveau national en vue d'une meilleure régulation des prix de revient des médicaments mis sur le marché pharmaceutique national ;
  • la valorisation des produits et remèdes issus de la pharmacopée traditionnelle par leur homologation en tant que produits pharmaceutiques dignes de la confiance de tout prescripteur moderne ;
  • la négociation des prix grossistes hors taxe (PGHT) auprès des Laboratoires pharmaceutiques à l'occasion des sessions de la Commission Technique d'enregistrement du médicament, ayant comme objet l'homologation des médicaments en vue de leur mise sur le marché au Burkina Faso.

Sous l'égide de l'Ordre National des Pharmaciens et du syndicat national des Pharmaciens, des journées de sensibilisation multimédia des populations sur le marché illicite des médicaments sont organisées régulièrement chaque année depuis l'année 2002 au cours de la dernière semaine du mois de mai 2003.

Conclusion

On peut retenir que l'un des éléments importants de la lutte contre le phénomène de la prolifération des médicaments illicites est surtout la baisse des coûts au client des médicaments vendus par les structures agréées (officines et dépôts pharmaceutiques publics ou privés) afin de les rendre plus accessibles aux populations dans leur ensemble.

La conséquence prévisible d'un accroissement substantiel de l'accessibilité aux médicaments essentiels pour toutes les couches sociales sera également une cause favorable sinon décisive, pour la neutralisation du circuit de vente illicite des médicaments et autres produits prohibés.

 

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